J'étais tannée de ne pas être représentée dans les médias, donc j'ai créé ma propre plateforme.
Voici l'histoire d'origine de Tuela, une plateforme créative francophone axée sur la neurodivergence, à l'intersection de la culture, la société et l'innovation.
[Recommandé] Écoutez cet essai en cliquant sur la narration audio ci-dessus (vous pouvez lire et écouter en même temps!!)
Lisez cet essai en faisant défiler le texte vers le haut.
Préparez-vous une tisane ou un café, et enveloppez-vous dans votre doudou lestée. Laissez-vous emporter dans l’histoire d’une personne neurodivergente un peu trop crinquée.
NB: J’utiliserai par moments des signes de tonalité dans mon texte en guise d’inclusivité. Merci de consulter cet article expliquant leur usage.
Petit mot spécial aux quelques personnes abonnées à Tuela au moment où j’y publie son premier contenu:
Vous ne le savez pas encore, mais c’est grâce à vous que des milliers de personnes neurodivergentes seront mieux outillées pour passer à l’action.
C’est grâce à votre soutien inconditionnel que j’ai la force de lancer cette plateforme qui, je l’espère, cultivera un espace de courage et de création pour les autres.
C’est en franchissant nos peurs que l’on fait réellement preuve de courage.
Chapitre 0: Je suis née pour créer.
Demandez-vous aux heures les plus tranquilles de la nuit : « Écrire m'est-il nécessaire? » Creusez en vous-mêmes à la recherche d'une réponse profonde. Et si celle-ci devait être affirmative, si vous deviez répondre à cette question par un puissant et simple « je ne peux pas faire autrement », alors bâtissez votre vie selon cette nécessité.
- Lettres à un jeune poète
C’est pas compliqué: j’ai ben beau essayer de naviguer le monde sans le brusquer, mais la créativité déborde de mon corps comme si j’étais imbibée d’une eau prolifique qui multipliait exponentiellement ma pression interne de sorte qu’elle transformait les bouchons qui me contenaient en projectiles défonçant le statu quo.
Je me suis longtemps regardée dans le miroir sans comprendre ce qui était devant moi.
« Ce » étant ma peau; « ce » étant mon cerveau. Mes yeux étant incapables de se fixer eux-mêmes. C’est comme si je piquais mon âme avec un bâton d’un mètre de long sans jamais arriver à la toucher, pis ça me faisait peur.
T’es qui sans ton bâton?
Je sais même pas par où commencer dans cet essai.
J’pense que je vais commencer par m’introduire.
Chapitre 1: T’es qui??
Excellente question! (lol)
Je m’appelle Sarah (elle/she/her/hers), et j’aime me décrire comme étant une personne ben passionnée de ben de choses: photographie, poésie, entrepreneuriat, innovation sociale, leadership, lecture, course, randonnée, musique, vandaliser les friperies, lecture, yoga, environnement, justice sociale, féminisme, scrapbooking, gambader dans les champs, création de contenu, communication créative…
En gros, j’aime documenter et vulgariser tout ce qui se passe autour de moi.
Et ce que j’aime plus que tout, c’est d’inspirer les autres à plonger dans ce qui les passionne aussi.
J’écris cet essai du sofa de la maison de mes grands-parents et de ma mère, dans une petite ville de 3000 habitant·es dans la Baie des Chaleurs, où j’ai passé les premières années de ma vie.
Ma mère m’amenait souvent sur le bord de la mer à 4h du matin lorsque je ne pouvais plus dormir.
Mon papi et ma mamie ont donné leur vie à cette ville.
On se sent si petite et si grande à la fois ici.
Chapitre 2: Cool! Mais t’es qui pour me parler de neurodivergence au Québec??
En résumé:
Je suis moi-même Autiste avec TDAH et douance (par ici pour comprendre pourquoi je mets le « a » en majuscule dans le mot « autiste »)
J’ai cofondé un OBNL (organisme à but non lucratif) par et pour les personnes neurodivergentes engagées au Québec du nom de INSPPI (ça fait un bon deux ans que je travaille dessus);
J’ai gagné un concours en innovation sociale (ODASS) grâce à un pitch au nom de l’OBNL (vous pouvez visionner à travers cet hyperlien);
J’ai travaillé pour Continuum Autisme et l’INÉÉI-PSH en tant que collaboratrice de recherche, et j’ai corédigé cet avis d’expertise sur l’expérience des personnes neurodivergentes dans les soins et services de santé de première ligne avec l’équipe du Labo inclusif de l’Université de Sherbrooke;
Je siège sur le comité consultatif du Réseau national d’expertise en trouble du spectre de l’autisme (RNETSA) depuis 2024 et j’ai participé au comité de coordination du Mouvement Jeunes et santé mentale (MJSM) pendant deux ans;
Je partage mon parcours sinueux en affaires en tant que personne neurodivergente sur LinkedIn depuis un bon moment, et je fais de la sensibilisation et de l’éducation à travers des conférences, des panels et des balados (vous pouvez me suivre gratuitement sur LinkedIn en cliquant sur cet hyperlien);
J’ai lancé un balado sur le sujet (que vous pouvez visionner/écouter en cliquant sur cet hyperlien).
Après avoir vécu tout ça, je ne comprenais toujours pas pourquoi l’actualité en neurodivergence n’était pas démocratisée, centralisée et libre d’accès.
C’est pourquoi je lance Tuela (et mon compte Instagram sur le sujet).
Chapitre 3: Du diagnostic d’autisme au Forum leaders autistes
Mon expérience diagnostic
Avril 2023. Je reçois un diagnostic d’autisme. Lorsque je demande à ma psy de me référer à des groupes de soutien, j’apprends rapidement qu’il n’en existe que très peu, et encore moins des groupes opérés par des personnes neurodivergentes.
Sur un coup de tête, je lance une chaîne YouTube pour partager mon histoire, même si je ne connais quasiment rien en autisme.
Je me suis sentie très vulnérable, perçue et imposteure, donc je n’ai pas publié de vidéos sur ma chaîne pendant un bon deux ans par la suite.
Je me suis contentée de m’enregistrer monologuer pendant des heures à travers mon parcours pour tenter de vulgariser comment je me sentais. Je n’ai rien publié de tout cela à ce jour.
Encore en avril, étant engagée dans le milieu environnemental au niveau parascolaire à l’université, je me suis retrouvée à un gros événement jeunesse de Desjardins dont le nom m’échappe.
Là-bas, j’y ai rencontré des jeunes qui m’ont parlé de l’Institut du Nouveau Monde (INM), un organisme qui aura carrément changé ma trajectoire de vie (pour le mieux).
Peu de temps après m’être abonnée aux réseaux sociaux de l’INM, une publicité pour une bourse d’engagement de 2500$ circule sur mon fil d’actualité.
Je décide d’envoyer une candidature toute simple. Je leur dis:
Je veux faire de quoi en lien avec l’autisme, mais je ne sais pas encore quoi.
Wow! Mais quelle ambition!! Quelle visionnaire!!! /s
Et on a accepté ma candidature avec cette phrase comme seule description de projet (un miracle peut-être?? c’est encore un mystère à ce jour, mais je suis très reconnaissante qu’on ait fait confiance si rapidement à une jeune un peu trop reckless).
Geeeenre, je n’avais aucun plan, aucun montage financier, aucune preuve que j’avais les capacités de mener à terme ce projet.
Je n’avais jamais organisé d’événement.
Pis, mind you, je ne connaissais toujours rien de l’écosystème neurodivergent québécois.
Je ne connaissais personne, je ne connaissais aucun organisme.
Nothingggg.
Ça me fait rire.
Bref.
Je décide de rechercher des événements qui se déroulent dans les environs en neurodivergence afin de trouver des gens pour m’aider.
Je tombe sur un congrès en recherche universitaire (mieux que rien, je me dis).
Ça s’adonne que Lucila Guerrero et Catherine Bouchard-Tremblay (personnes très influentes dans le domaine de l’autisme) s’y pointent. Ne les connaissant pas vraiment de prime abord, je les sollicite pour de l’aide:
Sauriez-vous me guider dans ce genre de projet? Connaissez-vous des gens qui aimeraient m’aider à le créer?
De fil en aiguille, je me retrouve avec une équipe de quatre autres personnes passionnées par le projet.

Je me retourne ensuite vers ma superviseure de projet pour des ressources parce que - et je prends la peine de le réitérer - je n’ai jamais organisé d’événements encore.
Je leur demande: « Peut-être que d’autres jeunes ayant reçu une bourse aussi pourraient me fournir des pistes de réflexion et d’action? »
Nope.
J’vous résume ça rapido: en gros, on m’a dit - avec toute la bienveillance du monde - de m’arranger avec mes troubles.
Le processus de création du forum
Donc! Je me suis retournée vers les internets, as one does when they feel kinda hopeless.
J’ai créé un visuel sur Canva, j’ai messagé un message publicitaire, j’ai formulé un formulaire d’enregistrement, puis j’ai listé une liste de tous les organismes en autisme que je pouvais trouver pour leur envoyer ma publicité.
Next thing you know, une douzaine de jeunes personnes autistes d’à travers le Québec se sont enregistrées à mon forum (panique totale, car, à partir de maintenant, des attentes sont générées envers moi).
Je rencontre mon comité consultatif chaque trois semaines environ pour leur partager le progrès de ma planification du Forum et recevoir de la rétroaction constructive (j’ai seulement appris quelques mois plus tard que la structure que j’avais créée se nommait « comité consultatif »).
Dans les mois de co-construction, je me suis retrouvée à dire non à plusieurs personnes allistes (non-autistes) voulant participer au forum.
J’ai tenu très fort au principe du « par et pour ».
Je voulais prouver qu’il était possible de créer un forum 100% par et pour les jeunes leaders autistes.

Le déroulement du forum et la suite
Quelques jours avant le forum, je stresse: les personnes inscrites vont-elles réellement se pointer au lieu? On ne se connaît pas: le risque de no-show est relativement élevé.
Je décide de lâcher prise et de faire confiance à la vie.
Eh bien, je suis très fière de vous annoncer que tout le monde est venu (sauf une personne malade oups).
C’est une preuve que lorsque les gens sont ben crinqués, they’re gonna show up.
J’avais voulu partager le bilan du forum tout poli, peaufiné et propre, mais j’ai tardé à le faire parce que je suis trop perfectionniste à ce niveau.
J’pense que Tuela va me pousser à publier quelque chose d’imparfait et à le compléter plus tard cette année.
Mieux vaut incomplet que jamais partagé.

Chapitre 4: Du forum à l’incubateur civique de la Maison de l’innovation sociale (MIS)
Diagnostic de TDAH surprise!
Après tout ça, j’ai frappé un mur: je n’étais plus fonctionnelle. J’étudiais temps plein (15 crédits) en biologie, je portais la fatigue du forum et je vivais beaucoup d’anxiété, sans trop comprendre d’où elle venait.
Une nouvelle médecin spécialisée en santé mentale m’a forcée à prendre une pause des études et à réévaluer la suite.
Turns out que la très grande majorité de l’anxiété que je vivais découlait de mon TDAH (non diagnostiqué) (mais elle m’a diagnostiquée après quelques rencontres)
En effet, je vivais de nombreuses frustrations et de nombreux blocants dans la vie qui se sont évaporés en prenant des médicaments.
J’ai aussi essayé de nombreux médicaments avant de trouver la formule qui fonctionnait pour moi.
Side note: selon moi, c'est un privilège d’avoir le choix de refuser de prendre des médicaments prescrits ou de s’auto-médicamenter pour survivre dans un monde où t’es tellement pas capable de fonctionner selon les standards neuronormatifs que t’as besoin de changer ta chimie de cerveau pour le naviguer.
Je prends des médicaments, car ils me permettent de mettre en pratique toutes les stratégies non-médicamenteuses que j'avais été incapable de maintenir à long terme jusque là.
En d'autres mots, je ne prends pas des médicaments parce que je le veux, mais bien parce que je n'en ai pas vraiment le choix si je veux être en mesure de passer à travers la vie.
Et, croyez-moi, j'ai vraiment tout essayé avant d'en arriver là.
Mais! Peu importe les raisons pour lesquelles je prends des médicaments, je pense qu'il faut adopter les approches thérapeutiques qui sont bonnes pour soi.
Le processus d’acceptation à la MIS
Ok. Ça fait queeeee je ne me souviens absolument pas comment je suis tombée sur ce fameux incubateur civique de la Maison de l’innovation sociale (que j’appellerai MIS moving forward).
Nonobstant ce blanc de mémoire, je vous explique c’est quoi:
La MIS démocratise l’innovation sociale. Elle offre des services-conseils et un accompagnement stratégique aux villes, ministères, organisations à vocation sociale, économique ou environnementale, entreprises et citoyen·nes engagé·es pour amplifier leur impact.
L’incubateur civique, c’est l’un des services phares offert par la MIS. C’est un programme qui te permet de transformer ton idée en premier prototype viable.
J’ai soumis une candidature en pensant que j’allais créer un réseau de personnes autistes engagées au Québec.
J’ai fait beaucoup de recherche documentaire pour appuyer le dossier que je leur ai envoyé.
J’en suis ressortie avec autre chose de fort plus grand.
Mon expérience dans l’incubateur civique
Oublie ta solution, et concentre-toi sur ta problématique.
L’incubateur t’amène à remettre en question toute ta vie (ou presque). On t’y enseigne une posture d’apprenant·e, de curiosité radicale.
Tu n’es pas là pour imposer quoi que ce soit; tu écoutes, tu notes, tu documentes.
Tu théorises l’impact que tu souhaites avoir à travers ton projet et tu modifies ton gabarit mille fois en six mois.
J’ai eu la chance d’y mener une quinzaine d’entretiens avec des leaders en (J)ÉDI-A (justice, équité, diversité, inclusion et accessibilité) et de recevoir du coaching de Sarah Abarro (qui est maintenant chez Sillons, et avec laquelle j’ai tourné un épisode de balado que vous pouvez visionner ci-dessous).
Chapitre 5: De la MIS à l’incorporation de l’OBNL
J’ai lancé un OBNL sans savoir comment lancer un OBNL, as one does.
J’ai fait des recherches de mon côté et j’ai participé à des webinaires pour comprendre les bases fiscales et juridiques nécessaires à l’incorporation.
Je suis tombée par hasard sur une avocate neurodivergente (May) durant un événement de réseautage de la Jeune Chambre de Commerce de Montréal, qui a par la suite incorporé l’OBNL, puis s’est jointe au CA.
J’ai rencontré mon cofondateur (Mehdi) par hasard dans un atelier entrepreneurial à l’événement One Young World à Montréal (où j’ai aussi croisé Fran et Mel de Nüense!)
Chapitre 6: De l’incorporation de l’OBNL à aujourd’hui
L’incorporation et ce qu’elle ça signifie pour moi
La raison principale de l’incorporation était d’accéder à du financement.
En effet, la majorité des opportunités de financement au Québec nécessitent un numéro d’immatriculation du Registraire des entreprises.
Toute l’incorporation s’est effectuée très rapidement et efficacement grâce à May.
Cela dit, INSPPI a célébré ses 1 ans il y a quelques semaines.
Bâtir un OBNL, c'est un travail de longue haleine, d'autant plus dans un climat d'incertitude (politique, social, économique, etc.) comme celui-ci.
Ça peut prendre plusieurs années de structuration interne avant de voir quelconque activité émerger à l'externe.
D'autant plus lorsque le conseil d'administration est gouverné à 100% par des neurodivergentes (bonjour se couper la parole, partir sur des monologues à n'en plus finir, demander 1000 clarifications, être surstimulé·e 24h/7, et j'en passe).
Savez-vous ce que j’ai dit à mon équipe dans un moment de doute?
Au pire, l’OBNL va fermer. D’ici là, on va faire tout ce qu’on peut pour faire vivre notre mission et réaliser notre vision.
Pessimiste, dites-vous? À mon avis, non. Pour trois simples raisons:
Il faut normaliser l’échec
Il faut normaliser la création de plans B, C et Z dans le cas où le plan A tombe à l’eau
Il faut normaliser le changement de leadership lorsque la personne qui dirige le projet n’est plus la bonne personne pour le faire
M’a être ben franche avec vous:
Si vous voulez être entrepreneur·euse, vivez votre peur de l’échec, vivez l’échec, gérez-les comme y faut, puis passez à autre chose.
Même si l’entreprise ferme, vous aurez appris de belles leçons que vous pourrez réinvestir dans vos futurs projets.
Chapitre 7: Et toute expérience connexe
Parallèlement et suite à mon passage à la MIS, j’ai pris part à de nombreuses expériences formatrices:
Sommet des accélérateurs
Février 2024
J’ai eu la chance de participer au panel des entrepreneur·euses au Sommet des accélérateurs 2024 à Saint-Hyacinthe, regroupant les dirigeant·es des incubateurs et accélérateurs de startups au Québec. J’y ai établi des contacts incroyables!
École d’entrepreneurship de Beauce
Mars 2024



Je ne me rappelle plus comment j’ai trouvé cette opportunité (LinkedIn, sûrement); c’est un séjour intensif de 5 jours en Beauce avec des jeunes de 19 à 22 ans qui vise à développer notre posture entrepreneuriale.
Bon. Honnêtement, c’était plein de « bros » qui voulaient être entrepreneurs parce que c’était cool pis pour obtenir une certaine liberté financière - à mon avis, ce sont des raisons valides pour se lancer en affaires À CONDITION qu’elles soient jumelées à une intention d’avoir un impact positif dans le monde.
J’étais donc ravie d’apprendre que ces bros y avaient appris à reconnaître la valeur intrinsèque de réinvestir leurs profits dans leurs communautés et de construire un modèle d’affaires durable, voir regénératif, et ce, à leur jeune âge.
Génération créative à La Factry
Mars 2024
Cette formation de deux jours offerte par La Factry nous a permis de pratiquer le design thinking dans divers contextes et d’apprendre que la créativité, ça s’apprend, et c’est partout! J’y ai rencontré des gens que je recroise régulièrement dans l’écosystème entrepreneurial.
Réseau Jeunes Leaders de la JCCM
Mars à mai 2024 (je crois?)
Le programme Réseau Jeunes Leaders est conçu pour accélérer le plein potentiel de la génération de futur·es chef·fes d’entreprises d’ici. J’en ai appris beaucoup sur les différents types de leadership en entreprise, tant au niveau intrapreneurial qu’entrepreneurial.
Gouvernance des OBNLs - Secrétariat à la jeunesse
Avril 2024
Cette formation créée sur mesure s’adresse prioritairement aux jeunes administrateur·rices des organismes qui représentent, ou offrent des services, aux jeunes du Québec et qui sont partenaires du Secrétariat à la jeunesse.
En compagnie d’une équipe de formateur·rices chevronné·es, les candidat·es découvrent les principales tendances et préoccupations en matière de gouvernance ainsi que le rôle, les responsabilités et les obligations des administrateur·rices et des gestionnaires d’OBNL.
Écoles et rendez-vous de l’INM
Septembre 2023 à aujourd’hui
Dès que je peux, je participe aux Écoles de l’INM. Ce sont des expériences formatrices à tout le moins.
Elles regroupent une centaine de jeunes engagé·es ou qui souhaitent le devenir dans des parcours d’apprentissage thématiques d’actualité articulés autour d’ateliers, de conférences et d’activités divertissantes (pour ne pas nommer des soirées d’initiation au drag et au ballroom).
J’ai aussi été invitée à un moment donné à jaser avec des jeunes du secondaire ultra motivé·es et inspirant·es.
J’ai eu la chance de les entendre parler de leurs projets parascolaires avec passion, et de partager mes connaissances en neurodivergence et en neurodiversité à mon tour.
Mouvement Jeunes et santé mentale
Novembre 2023 à novembre 2025
J’ai rejoint le Mouvement Jeunes et santé mentale en novembre 2023 durant leur Rencontre Nationale.
Encore une fois, je ne me souviens plus comment je suis tombée sur cette opportunité (une publicité Facebook peut-être?)
J’ai passé deux belles années sur leur comité de coordination (le CoCo). J’ai eu la chance de comprendre le fonctionnement du mouvement de l’intérieur et de prendre les notes de leurs rencontres pendant quelques mois.
Après sept années (je crois?) d’opérations militantes, le MJSM s’est finalement incorporé (bravo!!)
Leadership entreprenurial féminin France x Québec
Avril 2025
J’ai été invitée par la Jeune Chambre de Commerce de Montréal (JCCM) pour échanger avec des entrepreneuses françaises sur les similitudes et différences entre l’entepreneuriat au Québec et en France.
Le balado Dans les étoiles
Été 2025



Ce projet de balado était un peu trop ambitieux pour mes moyens (lol).
J’ai publié huit épisodes, et j’en ai une douzaine d’autres non publiés.
C’était tellement lourd à produire seule que j’ai abandonné.
J’ai décidé que mes prochaines conversations:
Seront courtes (45 minutes max.)
Suivront une structure similaire (questions récurrentes)
Seront enregistrée sur le fly et sans vidéo (je vais transporter mes micros et mon téléphone partout où je vais)
Tout ça pour réduire ma surcharge cognitive de montage vidéo et audio.
C’était too much pour une seule personne!
Mais! Le balado a eu un impact très positif sur la communauté.
Je compte poursuivre des entrevues, mais plutôt sous forme de webinaires.
On pivote! On teste!! On persévère!!!
Vous pouvez tout de même l’écouter en cliquant sur cet hyperlien.
Stage au Centech
Août à décembre 2025
J'avais perdu espoir. Je me disais: « Je ne serai jamais capable de travailler temps plein. » Jusqu'à ce que je me retrouve au Centech.
Le Centech a changé ma vie, et je ne dis pas ça à la légère.
Vous vous demandez pourquoi le Centech est l'un des dix meilleurs accélérateurs universitaires tech au monde?
C'est grâce à leur culture d'entreprise.
No joke, c'est l'équipe la plus passionnée que j'ai côtoyée.
Rigoureuse.
Déjantée, ludique, éclectique.
Une programmation planifiée et suivie à la minute près, évolutive selon les besoins du terrain.
Un service à la clientèle exemplaire.
Un coeur gros comme l'univers.
Tout ça, pour que les personnes entrepreneuses et les membres de leur équipe interne puissent s'accomplir et s'épanouir.
Ce stage m'a permis de redécouvrir des forces que j'avais enfouies et de les mettre au premier plan pour la suite.
Pis j'ai accidentellement développé une passion pour l’intégration de la (J)EDI-A (justice, équité, diversité, inclusion, accessibilité) dans monde de la tech, de IA non-agentique et du capital de risque d'impact, que je vais explorer davantage en 2026.
Et quand t'as hâte de te lever tous les matins pour aller faire des choses avec des personnes que t'aimes, ça te redonne espoir.
Donc voici mon sourire qui immortalise à quel point je trippe ma vie d'avoir la chance de côtoyer des personnes entrepreneuses tous les jours pis de les soutenir dans leurs projets.
🎶 Ce n'est pas fini, ce n'est qu'un début 🎶
(je ne suis pas commanditée par le Centech lol)
Apparitions médiatiques
J’ai ponctuellement apparu dans des balados et des articles médiatiques (à noter que mon opinion a évolué sur certains sujets depuis, natuellement):
[Balado] Neurodiversité et inclusion
[Balado] Autism in Canada
[Article] Neurodiversité, médication et boissons énergisantes
[Article] Le leadership autistique au Québec
Chapitre 9: La neurodivergence, l’entrepreneuriat et moi
Les gens qui me voient aller sur les réseaux sociaux se disent que j’ai du succès et que j’ai mille projets en même temps.
C’est vrai; ce qui est aussi vrai, c’est tout ce qu’on ne voit pas le reste du temps.
Ce qui se passe le reste du temps, ce sont des « Ça sert à quoi? » et des « Ça ne m’intéresse pas » lorsque je partage mes idées de projets avec enthousiasme.
On me répète:
Tant que ça ne génère pas de valeur monétaire, ça ne sert à rien.
Tant que c’est du jasage sans solution concrète, ça ne sert à rien.
Bah, rendu là, ça sert à quoi alors, d’être vivant?
Pivoter, ça culpabilise plus que ça ne fait peur
Je me suis toujours dit: dès que je ne me sens plus alignée, je vais prendre un pas de recul et réévaluer ma situation pour déterminer si ça vaut la peine de pivoter.
Conclusion: plus facile à dire qu’à faire.
En ce moment, je me sens de moins en moins alignée avec mon projet d’OBNL (mon équipe le sait).
Et je ne me suis jamais sentie autant coupable de ma vie.
De passer tout ce temps à construire quelque chose pour finalement vouloir s’investir ailleurs.
De ne pas vouloir céder au Sunk-cost fallacy.
Je me sens comme si je laissais tomber des gens qui sont si investis dans la mission et la vision que je portais.
Que je dépose mes valises sans les ouvrir, et que je repars avec.
Que ça sèmera de la rancune, de l’incompréhension stagnante.
Qu’on me trouvera égoïste de poursuivre mon chemin ailleurs, dans le même domaine.
Mais à travers ces deux années et demi de travail acharné, je me suis découvert un peu plus.
J’ai vécu tellement de transitions et de transformations de vie positives.
J’ai grandi.
J’ai gagné confiance en moi.
En mes compétences.
En mes idées.
En ma créativité que j’avais laissée enfouie trop longtemps sous les pieds de quelqu’un d’autre.
J’ai finalement réussi à voyager partout en restant chez moi parce que je m’ouvrais des portes qui étaient fermées par la peur de suivre ce qui m’animait vraiment.
Je sens qu’en poursuivant ce rêve de créer cette plateforme, de m’afficher sur les réseaux, de créer du contenu, je poursuis ce que je faisais déjà depuis le tout début.
Et ça me fait vraiment du bien.
J’ai le goût de m’investir dans quelque chose de concret, qui m’habite tous les jours.
Mettre de l’avant les centaines de récits que j’ai cumulés.
Outiller les autres à explorer leur créativité.
Vulgariser l’information autrement inaccessible.
Absorber tout ce que je touche.
Quand t’es en entrepreneuriat, on te dit que le changement, ça fait partie de la game.
Perso, j’adore le changement, mais je le déteste.
J’aime le provoquer, mais j’aime pas le subir (autisme vs. TDAH bonjour).
Ce qui m’inspire le plus ces temps-ci, c’est de voir les entrepreneur·euses qui ont lancé une dizaine de startups avant de trouver le bon product market fit.
C’est des gens qui ont toujours suivi leur intuition et qui ont persévéré dans l’adversité.
J’aspire à être comme elleux aussi.
Ma stratégie numéro un pour percer dans le milieu (LinkedIn bonjour)
Wow. LinkedIn, c’est toute qu’une bibitte.
C’est un peu honteux à avouer, mais, sans LinkedIn, je ne serais pas où j’en suis aujourd’hui dans ma carrière.
Les événements, les contacts et même les offres d’emploi: quasiment toutes mes opportunités des dernières années découlent de mon engagement constant sur LinkedIn (environ une publication par semaine minimum pendant 100 semaines).
Dès qu’une personne me demande de l’aide pour démarrer ou pour optimiser son compte, j’essaie de l’aider du mieux de mes capacités parce que je sais à quel point ça peut propulser une carrière.
Chaque fois que je rencontre une personne à un événement professionnel, je lui demande si elle a LinkedIn.
J’vous jure.
Pis si la personne l’a, je réussis à l’obtenir 100% du temps.
Pis si t’as la (mal)chance d’avoir un post qui devient viral un jour, ça te permet d’ouvrir des espaces de discussion et de sensibiliser des gens sur des sujets qui te tiennent à coeur (voir mon post Linkedin viral en cliquant sur cet hyperlien)
Je parlerai de LinkedIn et du réseautage dans d’autres publications de Tuela.
Les mautadines concours de pitchs
Partez-moi pas sur les concours de pitch!!
Y sont inaccessibles à tous les niveaux.
Sauf que j’en ai tellement fait et j’en tellement regardé que je dirais que je maîtrise l’art du pitch malgré moi.
En fait, c’est une coach experte en vulgarisation qui, après avoir écouté mon pitch, m’a dit que je n’avais rien à changer, et que même sa grand-mère me comprendrait, ce qui, à mon avis, est le meilleur compliment à recevoir sur son pitch.
Si tu veux du cash, faut que tu saches comment livrer un bon pitch.
L’ignorance des bailleurs de fonds et des partenaires
J’avais réussi à décrocher une bourse de 1000$ pis une 2e bourse de 2000$ pour deux projets différents auprès de deux bailleurs de fonds différents, mais j’me suis rendu compte assez vite que je n’avais pas les capacités organisationnelles ni financières au-delà des montants de base accordés pour mener à terme les projets.
Malheureusement, ces bailleurs de fonds n’accordaient presque aucun soutien (mentorat, conseils, ressources humaines) pour complémenter le soutien financier ce qui est commun chez les bailleurs de fonds).
Certains ont eu la flexibilité de repousser la date limite de complétion du projet, et j’en suis reconnaissante, mais je leur ai fait part dès le départ qu’en étant en situation de handicap et de précarité financière, je n’y arriverais pas seule. Je devais notamment me concentrer sur trouver et maintenir des emplois pour survivre.
J’pense qu’il aurait dû y avoir des discussions en amont sur mes capacités et mes ressources pour s’assurer que j’étais bel et bien en mesure de compléter ces projets.
Le fait que je doive rembourser l’argent a laissé un goût amer chez les partenaires.
On a exprimé de la déception, voire un ton paternaliste à mon égard:
« Ça paraît mal pour un organisme en démarrage comme le vôtre… »
Comme si je ne me sentais pas déjà assez mal de devoir abandonner ces projets, après tout l’effort individuel investi pour décrocher les bourses.
C’est vraiment triste parce que j’avais fait tout en mon possible pour communiquer des mises à jour ponctuelles et mettre l’accent sur mes difficultés à m’autonomiser.
Ne me sentant pas écoutée, je me suis désistée de tout ça, naturellement.
Prenez-en ce que vous en voulez de cette histoire-là; personnellement, j’en tire les leçons de bien m’entourer avant toute chose, et de savoir que peu importe ce que les gens comprennent de moi, je suis la seule personne qui connaît mes bonnes intentions, et je ne vais PAS me laisser douter de moi-même par qui que ce soit.
Tuela est pour moi une manière cathartique de foncer, peu importe ce qu’on me dit de faire.
Etc.
J’ai tellement d’autres choses à raconter sur mon expérience dans le monde des affaires; des choses qui débordaient du nombre de mots maximal alloué sur LinkedIn; des choses que j’ai écrites et jamais publiées parce que je n’avais pas l’espace pour le faire; des choses qui me viendront spontanément.
Le potentiel de Tuela est énorme.
Si j’ai tout ça à dire juste de moi, imaginez ce qu’il reste à raconter des autres.
2026 va être une esti de grosse année:)
Chapitre 10: … Et maintenant?
Pfiou!! C’était beaucoup de mots, ça! Et un sacré travail de fouille dans mes archives.
Et maintenant?
Ben, on y va!
Embarrassment is an underexplored emotion. Go out there and make a fool of yourself… because everything you want is on the other side of that.
-Unknown
[5134 mots] → retaille traumatique de mes examens de français du secondaire (fun fact, cet essai occupe 46 pages dans un Google Doc)
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Tuela est une plateforme médiatique créative qui vise à faire briller la neurodiversité. Elle est créée, dirigée et opérée par des personnes neurodivergentes, pour la communauté.
Tuela est née du constat que notre imaginaire collectif nous raconte trop souvent des récits infantilisants, pathologisants, superpouvoirisants et neuronormatifs qui parlent à notre place.
Le média valorise des perspectives, des formes et des histoires neurodivergentes, en assumant une approche éditoriale libre, critique et expérimentale.
Le nom « Tuela » est inspiré de l’idée que tout part de soi : de son authenticité, de ses idées et de ses ambitions (tu es là, tout est là). Il reflète la mission de la plateforme, qui est de soutenir et de mettre en valeur les contributions uniques de chaque personne neurodivergente, en aidant ces idées et cette authenticité à rayonner.
Tuela existe pour créer un espace médiatique où la communauté neurodivergente se reconnaît, se raconte et se projette, selon ses propres termes.





































