Hausse des diagnostics ou meilleure reconnaissance? Comprendre l’autisme chez les femmes
Un article de Radio-Canada relance un débat sensible: la hausse des diagnostics d’autisme, notamment chez les femmes.
C’est un débat nécessaire. La science avance, notre compréhension aussi, et il est sain de se poser des questions.
Mais il faut bien distinguer les choses:
questionner une tendance générale, ce n’est pas remettre en cause la légitimité des personnes diagnostiquées.
Je suis directement concernée.
Mon diagnostic ne repose pas sur une impression ou une tendance. Il a été posé par des professionnel·les formé·es, avec rigueur, à travers des évaluations cliniques sérieuses.
Il m’a permis de mieux me comprendre: mes forces, mes défis, mes limites. Il m’a aussi permis d’accéder à des droits concrets, notamment des accommodements en milieu de travail.
Et c’est là un point fondamental:
invalider ou fragiliser ces diagnostics, ce n’est pas seulement un débat théorique. C’est prendre le risque d’impacts bien réels : incompréhension, perte d’accommodements, discrimination, isolement.
Oui, le débat scientifique existe.
Oui, il faut continuer à former les professionnel·les et à améliorer les pratiques.
Et non, reconnaître le vécu des personnes autistes ne veut pas dire tout accepter sans esprit critique.
Mais n’oublions pas une réalité:
pendant des années, l’autisme a été vu à travers un prisme masculin.
Résultat? Des femmes sous-diagnostiquées, en errance, en suradaptation, avec une souffrance souvent invisible.
Aujourd’hui, ce que certains perçoivent comme une « hausse » est aussi, pour beaucoup, une correction de cette invisibilisation.
Ma position se veut :
engagée
nuancée
et les pieds sur terre
Je crois à la science.
Je crois à la recherche.
Et je crois profondément que l’une ne doit pas effacer l’autre :
les données ne doivent pas invalider les vécus
et les vécus ne doivent pas exclure la rigueur scientifique
Comme le dit Mélissa Perron auteure :
« Ne touche pas à mon diagnostic. »
Pour moi, ça ne signifie pas fermer la conversation.
Ça veut dire :
ne pas invalider ce qui a été examiné, reconnu et compris
ne pas nier l’impact concret sur nos vies
ne pas mettre en péril nos droits
On peut avoir des avis différents.
Mais restons respectueux·ses.
Et surtout, rappelons une chose essentielle:
en fait, ce qu’on appelle hausse des diagnostics, c’est peut-être une meilleure reconnaissance.



