Colloque La neurodiversité en action: retour d'expérience
Mes impressions et points clés retenus du colloque!
Contexte
Les 20 et 21 mars 2026, j’ai participé au colloque La neurodiversité en action: voix, savoirs et inclusion, co-organisé par l’école À pas de géant et le Réseau pour transformer les soins en autisme (RTSA).
« À travers des conférences, panels, présentations de recherche et expériences culturelles, l’événement a mis de l’avant des approches fondées sur les données probantes, l’expérience vécue et la co-construction. » - résumé officiel adapté par moi-même pour cet article
Accueil et visite des exposant·es
À mon arrivée, on m’a offert une cocarde avec mon nom. On m’a ensuite invitée à y apposer un autocollant dont la couleur indiquait mon niveau ouverture à interagir avec les autres (vert = je veux parler; jaune = je veux parler, mais pas longtemps; rouge = je ne veux pas parler).
Quelques exposant·es tenaient des kiosques près de l’entrée de l’école: Neuro Plus, Fondation Miriam, l’Association québécoise pour l’éducation à domicile, L’accompagnateur, fdmt, Autisme Montréal, Corentin Hunter, Spectrum Studios et Benjamin Lachapelle (mon kiosque préféré).
Conférence d’ouverture | Changer le regard: vers une représentation neuroinclusive de l’autisme
La conférence d’ouverture portait principalement sur l’évolution de la perception du paradigme de la neurodiversité dans les médias québécois.
J’ai beaucoup apprécié l'humilité des intervenant·es ayant travaillé à Giant Steps depuis des décennies, décrivant l'évolution de leur perception de la neurodiversité vers une vision neuroaffirmative et neuroinclusive des pratiques.
Il en va de même avec Charles Lafortune, producteur télé et parent d’un enfant autiste, ayant avoué avoir passé d’un cadre de production centré sur les parents d’enfants autistes (voir: Autiste, maintenant majeur) à un cadre davantage centré sur les personnes autistes elles-mêmes (voir: Autisme, amour et amitié et Les Critiques Atypiques). Je pense qu’il manque encore de diversité ethnoculturelle sur leurs plateaux de tournage, mais c’est un enjeu qui touche toute l’industrie télévisuelle, et c’est un sujet pour un autre article hahaha.
Santé mentale positive et autisme: vers des pratiques inclusives et affirmatives
Les recommandations émises par les personnes chercheuses pour des pratiques plus inclusives en soutien des personnes autistes semblaient à la fois ancrées dans les réalités terrain et professionnelles du milieu.
Sexualité saine et éducation pour les élèves autistes
Isabelle Hénault a présenté un survol de ses recherches en sexualité des personnes autistes durant les dernières décennies. On pouvait y percevoir un réel don de soi à ce sujet qui semblait l’habiter - dans le bon sens.
Cela dit, je me dois d’apporter des nuances subjectives à sa présentation. Bien que j’aie un immense respect pour sa carrière et toutes ses contributions à l’amélioration du bien-être des personnes autistes, sa pratique en éducation sexuelle est encore majoritairement ancrée dans la théorie de l’esprit et dans l’essentialisme de genre, conséquemment dans une vision plutôt désuète de l’autisme. Je crois sincèrement qu’il est possible d’offrir une éducation à la sexualité neuro-queer et féministe aux personnes autistes, peu importe leur âge. Je tiens à dire que la Dre Hénault a tout de même recommandé des ressources inclusives à travers sa présentation, telles que Working with Autistic Transgender and Non-Binary People: Research, Practice and Experience.
Projection du film Ben’s Animals
J’ai eu l’honneur d’écouter le film Ben’s Animals d’une durée de 44 minutes - et j’ai pleuré durant les 44 minutes.
C'est littéralement l'un des plus beaux films que j'ai écoutés de ma vie (et ça vient d'une cinéphile avec des études en cinéma).
Benjamin Lachapelle est un artiste et auteur incroyable, peignant de vrais manifestes pour la protection des animaux face à la crise climatique.
L’esthétisme du film reflète l’univers à la fois fantastique et vibrant de Ben. Les plans allongés permettent de digérer les propos à la fois existentiels.
J’étais aussi émue de voir Ben avoir du plaisir avec ses ami·es.
Ce film est un vrai cri du coeur, à la fois sur le plan environnemental que sur le continuum de services offert aux personnes autistes et à leurs proches.
Vivre ses passions: Perspectives sur les intérêts et le bien-être des personnes autistes
Le panel est ouvert par une personne autiste qui parle de sa passion pour les ascenseurs, suivie d’un panel d’expert·es jasant des passions des personnes autistes. Les trois points les plus importants à retenir de cette conversation à mon avis sont les suivants:
Le fait d’avoir assez de temps pour exercer sa passion a un effet positif sur la qualité de vie
Le fait d’avoir quelqu’un avec qui partager son intérêt a un effet positif sur la qualité de vie
Parmi les participant·es en emploi, le fait de pouvoir réaliser sa passion à travers son emploi a un effet positif sur la qualité de vie
Notes finales
Dans l’ensemble, j’ai beaucoup apprécié mon expérience. Une piste d’amélioration serait d’offrir une tarification dynamique pour permettre à plus de personnes autistes de participer à ce genre d’événement. En effet, je connais des personnes autistes qui voulaient y participer, mais qui ne pouvaient pas se le permettre (150$, c’est beaucoup!)








